Antoinette dans les Cévennes | VF | HD :

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Antoinette dans les Cévennes

Antoinette dans les Cévennes
Réalisateur(s) : Caroline Vignal
Acteur(s) : Benjamin Lavernhe, Laure Calamy, Olivia Côte
Catégorie(s) : Comedie, Romance, Top
Version : HD - VF

Antoinette dans les Cévennes synopsis :

Antoinette, institutrice, attend avec impatience ses longues vacances d’été prévues avec son amant secret Vladimir, le père d’un de ses élèves. En apprenant que Vladimir ne peut pas venir car sa femme a organisé un trekking surprise dans le Parc National des Cévennes avec leur fille et un âne pour porter leur charge, Antoinette décide de suivre leur trace, seule, avec Patrick, un âne protecteur.

Titre international : My Donkey, My Lover & I

1 commentaire pour le film “Antoinette dans les Cévennes” :

  1. Avec “Antoinette dans les Cévennes”, vingt ans après son premier long-métrage “Les autres filles”, Caroline Vignal livre un film très réussi et une parfaite comédie de mœurs, avec une formidable performance de Laure Calamy.

    Méfiez-vous des apparences

    Le nouveau long métrage de Caroline Vignal, Antoinette dans les Cévennes, se présente d’abord comme une histoire simple. Un triangle amoureux dont on a pu dès le départ comprendre l’évolution habituelle. Un exercice dans la tradition vaudevilleque que le cinéma français représente parfois avec beaucoup de brio, le plus souvent de manière médiocre – mais toujours fièrement en tout cas. Allons droit au but, Caroline Vignal réalise avec Antoinette dans les Cévennes une performance très supérieure à ce que l’on peut généralement attendre de cet exercice.

    Antoinette ( Laure calamy ) est institutrice et a une relation adultère avec le père de l’un de ses élèves, Vladimir ( Benjamin Lavernhe ). Alors qu’elle doit s’offrir une semaine en amoureux avec lui, il lui annonce au tout dernier moment qu’il part avec sa femme et sa fille pour une randonnée accompagnée d’un âne dans les Cévennes, répétant le fameux itinéraire emprunté. par Robert Louis Stevenson. L’écrivain et voyageur écossais l’a rapporté dans un récit de voyage publié en 1879 intitulé Voyage avec un âne dans les Cévennes. Il ne peut pas être inventé et il ne pourrait pas être plus clair. Antoinette est visiblement attristée par la mauvaise nouvelle, mais loin d’être vaincue, elle décide de rejoindre leur route, espérant le croiser, même si son plan n’est pas vraiment plus défini que ça.

    Elle réserve un gîte sur le sentier de randonnée, réserve également un âne nommé Patrick et repart donc presque guillerette. Antoinette, on peut la croire naïve, désordonnée, gentille, trop gentille, parfaite victime de la comédie pour notre époque cynique. En face, il y a Benjamin Lavernhe et un âne qui traîne ses pattes. On peut encore se dire, on est dans les premières minutes, Antoinette dans les Cévennes, coup ou raté.

    Spoiler: ça va, ça va très bien. Comment faire la différence quand on se lance dans un projet de comédie vu et revu mille fois? Nous travaillons avec des interprètes de très haut niveau, capables d’apporter par leur talent le meilleur de tout ce que le vaudeville peut offrir, et qui iront même au-delà. Et si cela ne suffisait pas, on innove aussi en jouant avec un trio amoureux composé d’un âne. C’est nouveau, et ce n’est certainement pas si facile pour ses partenaires humains.

    Laure Calamy

    Oui, Laure Calamy, tout simplement. Il faut désormais le compter, après plusieurs sorties remarquables dans des rôles secondaires au cinéma, notamment et récemment dans Seules les bêtes de Dominik Moll, parmi les actrices les plus fascinantes, capables – elles ne sont pas légion – d’incarner à elles seules des mondes entiers. Laure Calamy, Antoinette, est absolument tout ce que vous pouvez être, en l’espace d’une heure et demie, et bien seule devant un âne. Elle peint un personnage d’une force, d’une complexité et d’une richesse infinies, on dirait “comme on le voit au cinéma”. Que ce soit sur scène, dans la série Dix pour cent, et en apparitions dans plus de trente films depuis 2001, son talent était déjà là, mais cette fois, pour son premier rôle sur grand écran, elle a une liberté totale. C’est un cadeau pour une comédienne, et Laure Calamy le rend à Caroline Vignal en emmenant Antoinette dans les Cévennes très haut.

    Deux séquences montrent notamment un jeu littéralement époustouflant, deux moments où Antoinette se retrouve embarrassée, taquinée ou presque agressée. La première est lorsqu’elle arrive au gîte, où dans un caractère désarmant elle donne les conditions et la raison de son arrivée – au fond, complètement à l’écart et pour voir son amant – avant de prendre les propos absurdes ou acerbes des autres randonneurs. D’abord joyeuse, l’atmosphère devient instantanément lourde, le temps d’un passage si vif – une demi-seconde – à une terrible émotion sur le visage d’Antoinette. La seconde, c’est quand Eléonore ( côte d’Olivia ), l’épouse de Vladimir, affronte Antoinette sur un chemin, une séquence structurée autour d’un long et même plan séquence où les traits d’Antoinette, qui ne prononce pas un mot, dis beaucoup. Deux purs moments de cinéma, qui sont les deux grands sommets de la comédie d’un film qui ne manque pas.

    Marchons joyeusement dans les bois

    Antoinette et Patrick se promènent dans les Cévennes, et comme en couple ça hurle, ça se débat au début, ça ne comprend pas, et puis on retrouve le rythme. S’il y a un triangle amoureux, c’est bien celui de Vladimir, d’Antoinette et de l’âne Patrick, et même. Pendant les premiers jours de sa randonnée, elle ne trouve pas Vladimir, mais elle ne le cherche peut-être pas beaucoup. Ce qui va arriver arrivera, et son tête-à-tête avec Patrick durera. C’est une belle performance, Laure Calamy permettant, dans ses vaines tentatives de dialogue avec l’animal et dans le bouleversement intérieur apporté par cette randonnée méditative très particulière, d’exprimer mille émotions avec une intensité impressionnante par sa constance.

    Ce sont les deux personnages principaux d’ Antoinette dans les Cévennes, même si Patrick, bien sûr, ne fait que ce que fait un âne. Logiquement, Vladimir et Eleanor n’ont finalement que quelques scènes, et uniquement avec Antoinette. La caméra et la mise en scène de Caroline Vignal ne quittent jamais Antoinette, mais sans adopter son point de vue. Film à la troisième personne, son point de vue n’est jamais psychologisant, mais laisse tout le cadre à Laure Calamy pour explorer tous les champs qui lui sont ouverts par ses qualités. C’est donc dans une certaine forme de retenue que Benjamin Lavernhe, de plus en plus parfait néanmoins, joue une partition volontairement neutre, un gars plutôt sympa, aussi amoureux mais lâche, une entreprise finalement inintéressante pour Antoinette qui aura vécu plus de choses dans son relation avec l’âne Patrick.

    Le personnage d’Olivia Côte est à l’arrière-plan mais, comme évoqué plus haut, l’actrice livre un dialogue mémorable avec Laure Calamy, dans une performance dont l’harmonie de jeu est idéale. Avec la qualité de l’écriture et la mise en scène sobre de Caroline Vignal, avec la performance étonnante de Laure Calamy et les rôles de soutien parfaits, toujours dans le bon tempo, il ne reste plus qu’à apprécier l’humour authentique et la tendresse des situations, des rencontres imprévues qui se transforment en moments de grâce, et la très jolie et drôle histoire d’Antoinette et de son âne, avec tout ce qu’elle offre. On y trouvera pour réfléchir à la randonnée, se demander qui est le véritable âne du film, jusqu’où peut aller Laure Calamy, penser que les Cévennes sont encore très belles, que c’est un magnifique portrait de femme, que les gens peuvent être stupide mais gentil aussi et, finalement, que tout ira bien.